9 décembre 2018

Un aperçu rapide des pays de l’UE

Vous trouverez ci-dessous un très bref descriptif des pays de l’UE.

Il est tiré de Atlas permanent de l’Union européenne, excellent document à trouver en librairie ou à commander sur le site www.atlas-permanent.eu

Allemagne

Première puissance économique de l’Union européenne, l’Allemagne est pacifique sans être pacifiste, attachée à la protection de l’environnement, économiquement ouverte. Membre fondateur de l’Union européenne, sa culture institutionnelle et sa réalité fédérale lui permettent d’être à l’aise avec les mécanismes et les pratiques de l’Union. Elle a également développé une relation bilatérale forte avec la France. Son histoire détermine sa vision et ses perceptions : unifiée en 1870 seulement, sous l’impulsion d’Otto von Bismarck, elle est contrainte de payer de lourdes réparations à ses voisins après la Première Guerre mondiale. En 1933, Hitler arrive au pouvoir et déclenche en 1939 la Seconde Guerre mondiale. Par la suite, l’Allemagne est envahie par les Alliés et séparée en deux entités dont l’une adopte un régime communiste. Après la chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989, l’Allemagne s’est réunifiée le 3 octobre 1990.


Autriche

Aux confluences de l’ouest et de l’est de l’Europe, l’Autriche a tout naturellement soutenu l’adhésion des pays d’Europe centrale et orientale à l’Union européenne. Cet État à l’histoire prestigieuse, noyau de l’Empire des Habsbourg, puis de l’Empire austro-hongrois, dont le territoire a été divisé par dix après la Première Guerre mondiale, qui a été annexé par l’Allemagne hitlérienne puis occupé par les Alliés, est désormais pacifique, pacifiste et fortement opposé à l’énergie nucléaire. Ayant adhéré à l’Union européenne en 1995, l’Autriche s’y veut aussi le défenseur de l’équilibre institutionnel et se montre favorable aux États les moins importants, mais n’a pas échappé à la montée du populisme. 


Belgique

Membre fondateur, accueillant de nombreuses institutions de l’Union européenne, la Belgique est au cœur de l’Union et particulièrement engagée dans le combat fédéraliste, mais sa faiblesse politique ne lui permet pas toujours d’y peser avec force. Segmenté en principautés, dont certaines ont conservé la langue romaine tandis que d’autres se germanisaient, le territoire de l’actuelle Belgique a été unifié au XVe siècle, passant sous l’autorité des ducs de Bourgogne. Les Pays-Bas du Sud tombent ensuite sous l’autorité espagnole, puis autrichienne à partir de 1713. Les Belges se révoltent contre les Autrichiens en 1790 puis sont envahis par la France révolutionnaire. Le Congrès de Vienne rattache ensuite la Belgique aux Pays-Bas, dont elle se sépare en octobre 1830 suite à une révolution. Indépendant, le pays est en 1993 devenu un État fédéral.


Bulgarie

Entre la mer Noire et la mer Méditerranée, entre l’Europe et l’Asie, la Bulgarie est un pays très anciennement peuplé, qui a subi de multiples influences, notamment byzantine et ottomane. Le nationalisme slave, soutenu par la Russie tsariste, permet à la Bulgarie d’acquérir une certaine indépendance à la fin du XIXe siècle. Mais la volonté de construction ethno-nationale l’amène à rejoindre, pendant les deux Guerres mondiales, la Triple Alliance puis le camp fasciste et, faisant partie des perdants, elle est soumise à un strict contrôle soviétique, qui s’achève en 1990. S’ensuit une période d’instabilité politique, avec une corruption galopante, qui retarde son intégration à l’Union européenne jusqu’en 2007.


Chypre

L’île de Chypre est au cœur d’un des plus anciens conflits gelés de la Méditerranée orientale. En effet, ce territoire érigé en royaume au Moyen-Age, dominé par la Turquie puis par le Royaume-Uni avant de devenir indépendant en 1960 et de rejoindre l’Union européenne en 2004, abrite une population grecque pour deux tiers et turque pour un tiers. Un partage du pouvoir entre les deux communautés a été prévu dès l’indépendance mais en 1974, suite à un coup d’État portant au pouvoir un régime favorable au rattachement à la Grèce, les Turcs occupent le nord de l’île. En 1983, ils proclament une « république de Chypre du nord » reconnue par eux seuls. En 2002, un projet d’accord proposé par l’ONU est rejeté par les chypriotes grecs. Les négociations ont repris en 2010 mais sont toujours en cours.


 Croatie

Le 1er juillet 2013, la Croatie est devenue le 28e État membre de l’Union européenne. Découvrez dans cette fiche les chiffres clés de son économie et en quelques lignes son système politique.


Danemark

Le Danemark est l’un des plus anciens États de l’Europe, érigé en royaume dès le Xe siècle. A l’âge Viking, il a conquis de nombreux territoires dans toute l’Europe du nord, puis fédéré du XIVe au XVIe siècle tous les royaumes scandinaves dans l’Union de Kalmar. Par la suite, les Danois s’engagent aux côtés des Protestants lors des guerres de religion, puis de Napoléon au XIXe siècle. Cela leur vaut de perdre la Norvège en 1814. Le Danemark perd également le Schleswig-Holstein en 1854. Au cours de la première moitié du XXe siècle, il construit un État-providence et se dote d’une nouvelle Constitution. Membre de l’Union européenne depuis 1973, le Danemark incarne une vision de l’Europe très intergouvernementale, participant à certaines politiques mais restant à l’écart d’autres (euro, sécurité et défense).


 Espagne

Aux limites méridionales de l’Europe, l’Espagne apporte à l’Union la spécificité de ses relations historiques avec l’Amérique latine et avec le monde arabe. En effet, en 711, les royaumes barbares formant l’Espagne actuelle passent sous la coupe des Musulmans. Les Chrétiens reconquièrent par la suite progressivement ces territoires, unifiés au XVe siècle par les rois catholiques. A l’expansion coloniale et culturelle succède ensuite une période de déclin. En 1939, après trois ans de guerre civile, Franco établit un régime dictatorial. A sa mort en 1975, l’Espagne retrouve la démocratie et adhère aux Communautés européennes en 1985. Elle bénéficie alors du soutien économique de l’Union, s’intègre dans le marché unique, mais le « miracle économique » ne résiste pas à l’explosion de la bulle immobilière.


 Estonie

L’Estonie a bien souvent changé de mains au cours de l’histoire. Le pays est en effet vendu aux Chevaliers Teutoniques en 1346 puis tombe sous la domination de la Suède en 1564. En 1721, elle est cédée à la Russie qui supprime le servage mais tente d’imposer sa culture aux Estoniens. A la faveur d’une occupation allemande, elle déclare son indépendance le 24 février 1918. En 1934, le Premier ministre Constantin Pats met en place un régime autoritaire, puis, au cours de la Seconde Guerre mondiale, l’Estonie est annexée par l’URSS. En 1989, elle retrouve son indépendance, profitant de la politique d’ouverture de Gorbatchev, lors de la « Révolution chantante». Depuis, ses relations avec la Russie sont restées difficiles. L’Estonie a adhéré à l’Union européenne le 1er mai 2004 et à l’euro le 1er janvier 2011, et son économie se tourne vers les États de l’Union.


 Finlande

La Finlande se trouve au carrefour des mondes russe et scandinave. Conquise en 1157 par les Suédois qui y introduisent le christianisme, elle reste suédoise jusqu’au XIXe siècle puis passe sous domination russe en 1812 avant de proclamer son indépendance en 1917, profitant de la révolution russe. Elle entre alors en conflit avec l’URSS en 1920, puis de nouveau entre 1939 et 1945. Elle sort de la Seconde Guerre mondiale avec un territoire diminué et l’obligation de payer de lourdes réparations à l’URSS. Dès lors, elle revendique sa neutralité tout au long de la guerre froide. Avec la chute de l’URSS en 1991, le pays se tourne vers l’Union européenne, dont il devient membre en 1995. Au sein de l’Union, la Finlande privilégie les relations intergouvernementales et cherche à défendre les intérêts des plus petits pays européens, attitude que les événements récents l’ont conduite à renforcer.


 France

Forte de sa riche histoire, marquée par la révolution de 1789, et de son économie deuxième de la zone euro, estimant, comme l’Allemagne, avoir fondé l’union européenne, la France entend continuer à poursuivre son rôle mondial et se perçoit comme une puissance disposant d’un message de portée universelle. Il lui a été souvent reproché de vouloir poursuivre, à travers la construction européenne, son propre projet national à vocation mondiale. Face aux crises et aux difficultés que traverse l’Europe, la France et son partenaire d’Outre-Rhin sont à la tête des États qui s’estiment responsables du projet européen et n’hésitent pas à nouer des accords pour en assurer la progression. Ils s’opposent en cela à la conception plus intergouvernementale défendue par d’autres nations.


 Grèce

L’histoire de l’Union européenne est profondément liée à celle de la Grèce, terre d’origine de la démocratie et de la philosophie. Divisée en cités-États durant l’Antiquité, devenue au Moyen-Age le cœur de l’Empire byzantin, elle passe sous domination ottomane en XIVe siècle. Elle retrouve son indépendance en 1830 et devient une monarchie absolue. Le pays est particulièrement affecté par l’occupation nazie et, en 1967, un coup d’État installe une dictature militaire. Redevenue un État démocratique, la Grèce rejoint l’Union européenne en 1981. Dès lors, elle bénéficie des aides financières de l’Union. Son appartenance a également aidé à la consolidation de la démocratie dans le pays. Très favorable jusque récemment à l’intégration européenne, elle se trouve actuellement très durement touchée par la crise des dettes souveraines.


 Hongrie

La Hongrie est au cœur de l’Europe. Géographiquement d’abord, elle se situe à la confluence des espaces germaniques et balkaniques. Historiquement ensuite : longtemps associée à l’Autriche, qui fut une puissance majeure en Europe jusqu’au début du XXe siècle, elle s’inscrit parfaitement dans son temps, pour le meilleur avec ses nombreux intellectuels et artistes de renommée internationale, comme pour le pire, avec l’éveil d’un nationalisme véhément qui a placé la Hongrie dans l’orbite fasciste aux plus sombres heures du XXe siècle. Après s’être affranchie de la tutelle autrichienne au lendemain de la Première Guerre mondiale, il lui faudra s’affranchir, parfois douloureusement, de la tutelle soviétique afin de tourner la page de la Guerre froide et de rejoindre pleinement l’aventure de la construction européenne.


 Irlande

L’Irlande a longtemps lutté pour s’affirmer et reste jalouse de sa souveraineté si difficilement conquise. Divisée entre une multitude de clans, elle est en effet tombée progressivement au Moyen-Age sous la domination anglaise, contre laquelle elle se révolte à plusieurs reprises. Intégrée dans le Royaume-Uni en 1800, ce n’est qu’en 1921 qu’elle obtient l’indépendance tant désirée, mais au prix de la perte de l’Ulster qui reste britannique. L’adhésion à l’Union européenne en 1973 a permis un décollage économique spectaculaire pour l’Irlande, très ouverte aux investissements étrangers. Au sein de l’Union, elle est traditionnellement opposée à l’intégration fiscale et entend préserver ses spécificités, dont sa neutralité.


 Italie

Puissance économique européenne incontestable, berceau de l’Empire romain, l’Italie est l’un des membres fondateurs de l’Union européenne. En proie aux guerres civiles tout au long du Moyen-Age, elle a été unifiée par le Piémont en 1861, puis s’est lancée dans l’aventure coloniale. Elle participe à la Première Guerre mondiale mais le climat d’agitation nationale qui suit favorise l’ascension du fascisme de Mussolini, qui s’impose en 1922. Après la Seconde Guerre mondiale, l’Italie se reconstruit, essentiellement sous l’égide de la démocratie chrétienne et de son premier président, Alcide de Gasperi, l’un des « Pères de l’Europe ». La démocratie chrétienne reste au pouvoir jusqu’en 1993, en coalition avec d’autres partis, puis l’Italie connait une période d’alternance politique.


 Lettonie

La Lettonie a vaincu les forces armées russes en chantant. En effet, disputée entre Russes, Polonais et Suédois, elle avait été annexée en 1944 par l’URSS. Pour montrer leur opposition à cette domination, au début des années 90, les Lettons, notamment sous l’impulsion de Sandra Kalniete, première Commissaire européenne de son pays et désormais députée européenne, se rassemblaient pour entonner ensemble les plus connus de leurs « daïnas », chants populaires issus d’une poésie ancestrale. Ces manifestations sont un succès car, en 1994, les troupes russes quittent le pays. Gouvernée de 1999 à 2007 par Vaira Vike-Freiberga, première femme présidente d’un pays de l’ancien bloc soviétique, la Lettonie adhère en 2004 à l’Union européenne. Elle a été gravement touchée par la crise économique de 2008 mais un redressement semble s’amorcer depuis 2011.


 Lituanie

La Lituanie a été la première des républiques socialistes soviétiques à retrouver son indépendance en 1991 grâce à l’action du mouvement Sayudis de Vytautas Landsbergis. C’est aussi la plus peuplée des trois républiques baltes. Elle a, au XIVe siècle, possédé des territoires couvrant la Biélorussie et l’Ukraine actuelle puis formé avec la Pologne une « République des deux nations », que l’Autriche, la Prusse et la Russie se partagent au XVIIIe siècle. Indépendante pendant l’entre-deux guerres, la Lituanie est annexée par la Russie en 1945 après avoir perdu environ 20 % de sa population pendant la Seconde Guerre mondiale, qui l’a durement frappée. Redevenue autonome, elle a adhéré en 2004 à l’Union européenne.


 Luxembourg

Seul Grand-duché au monde, ce petit pays est devenu l’un des symboles de la construction européenne. Ancien comté réuni aux Pays-Bas bourguignons, puis espagnols, puis autrichiens, il est inclus après le Congrès de Vienne dans le royaume des Pays-Bas, dont il se sépare en 1890. Occupé par l’Allemagne en 1940, le Luxembourg est l’un des membres fondateurs du Benelux puis de l’Union européenne, dont il est l’un des piliers. Il abrite certaines institutions européennes et des Luxembourgeois ont exercé d’importantes fonctions au niveau européen. Il présente, par ailleurs, les caractéristiques d’être particulièrement actif en matière d’aide au développement, d’avoir instauré un système de protection sociale très élaboré et d’avoir longtemps joué un rôle de médiateur entre la France et l’Allemagne.


 Malte

Riche de plus de 7 000 ans d’histoire, l’île de Malte a été le domaine des Phéniciens, des Arabes et des Aragonais avant que Charles Quint ne la cède à l’Ordre des chevaliers de Malte. Elle est ensuite annexée par la Grande-Bretagne en 1814. Elle n’obtient son indépendance dans le cadre du Commonwealth qu’en 1964 et devient par la suite, en 1974, une république parlementaire. Longtemps considérée comme un paradis fiscal, Malte demande, en 1990 à rejoindre l’Union européenne, à laquelle elle adhère le 1er mai 2004. Ce pays catholique, dernier État de l’Union à interdire totalement l’avortement et qui n’a accepté le divorce qu’en mai 2011, est entré dans l’espace Schengen en décembre 2007 et a rejoint la zone euro le 1er janvier 2008.


 Pays-Bas

Les Néerlandais ont été le second peuple, avec la France, à rejeter le projet de traité établissant une Constitution européenne en 2005. Pourtant, jusqu’aux années 90, les Pays-Bas représentaient le pays européen par excellence. Leur histoire commence avec la réunion des 17 provinces formant les Pays-Bas par les ducs de Bourgogne. Les Pays-Bas du Nord, convertis au protestantisme, se séparent en 1547 des provinces du Sud et connaissent un fort développement économique, culturel et colonial. Influencés puis envahis par la France révolutionnaire puis napoléonienne, les Pays-Bas deviennent en 1815 un royaume dont la Belgique puis le Luxembourg se séparent rapidement. Membre fondateur du Benelux puis de l’Union européenne, pays traditionnellement libéral en matière de mœurs, les Pays-Bas tendent de nos jours, sous l’impulsion de mouvements populistes et extrémistes, à se montrer plus réticents face à la construction européenne.


 Pologne

Bordée à l’Ouest par le monde germanique, au Sud par le monde slave et à l’Est par le monde russe, la Pologne a connu une histoire difficile et tourmentée, se voyant régulièrement dépecée et partagée entre ses puissants voisins. Le XVIIIe siècle faillit lui être fatal, mais c’est au XXe surtout qu’elle fit face aux épreuves les plus difficiles, passant de la domination nazie à la domination soviétique. Mais la soif d’indépendance de son peuple longtemps opprimé, portée par des intellectuels aussi bien que par des mouvements populaires, lui a finalement permis de s’émanciper, et d’avoir enfin l’opportunité de prendre en main son destin. Elle a voulu ancrer celui-ci en Europe, en rejoignant en 2004 l’Union européenne, qu’elle a présidée au 2e semestre 2011 malgré les difficultés de la crise économique.


 Portugal

Ouverte par tradition sur le monde et sur le commerce international, l’économie portugaise a réalisé, grâce à son entrée dans l’Union européenne en 1986 et aux fonds structurels reçus, une modernisation considérable. Le Portugal a obtenu des résultats impressionnants qui ont réduit l’émigration de la population. L’adhésion à l’Union était alors vue comme un moyen d’ancrer dans le camp des démocraties cet ancien royaume qui, à la Renaissance, avait édifié un vaste empire colonial et, dans les siècles ultérieurs, avait largement tiré parti de l’expansion du commerce mondial, avant d’abolir la monarchie en 1910 et de voir Salazar y installer une dictature qui a duré de 1932 à 1974. Depuis 2007, le Portugal est néanmoins durement frappé par la crise financière.


 République Tchèque

Comme ses voisins, la Hongrie au Sud et la Pologne au Nord, la République tchèque n’a réellement obtenu son indépendance qu’à la fin du XXe siècle, mettant ainsi fin à plusieurs siècles de domination étrangère, tantôt autrichienne, tantôt germanique puis nazie et soviétique. Mais, plus qu’ailleurs, sa volonté d’indépendance est allée de pair avec un fort nationalisme. Cela explique que, bien qu’ayant intégré dès 2004 l’Union européenne, onze ans seulement après la fin de la tutelle soviétique, ses élites politiques et administratives se montrent encore très réticentes à l’égard de celle-ci, qu’elles suspectent de vouloir priver leur pays de sa souveraineté nationale. La difficile gestion de la crise économique a de plus renforcé le sentiment que l’échelon national était le plus approprié pour apporter des solutions efficaces.


 Roumanie

Plaine envahie à de multiples reprises de tous les côtés, délimitée à l’Est par les Carpates et à l’Ouest par la mer Noire, la Roumanie est un pays récent, dont les prémices remontent au XIVe siècle. Très liée à l’Europe occidentale pour des raisons linguistiques et politiques, elle disparaît presque suite au pacte conclu entre Hitler et Staline. Pendant la Guerre froide, ce sera le satellite soviétique qui connaîtra sans doute la pire dictature. Les conséquences économiques et politiques s’en font encore sentir et expliquent que la Roumanie n’a pu rejoindre l’Union européenne qu’en 2007, après d’importantes réformes. Septième pays le plus peuplé d’Europe, proche des gisements gaziers d’Asie centrale, la Roumanie pourrait devenir prochainement un partenaire-clé de la construction européenne.


 Royaume-Uni

Tenant de l’antifédéralisme au sein de l’Union européenne, souvent méfiant envers le projet européen, ne participant pas à de nombreux projets communs tels que l’euro ou Schengen, le Royaume-Uni participe néanmoins à l’Union, qu’il a rejointe en 1973, en qualité d’État européen incontestable car sa prospérité dépend de plus en plus de l’économie européenne continentale. Il ne rechigne pas non plus à des coopérations étroites, comme celles décidées avec la France dans le domaine de la Défense. L’histoire du Royaume-Uni est marquée par les luttes contre l’absolutisme royal, la rupture avec Rome sous le roi Henry VIII au XVIe siècle et, aux XVIIIe et XIXe siècles, la révolution industrielle et l’édification du plus grand empire colonial au monde.


 Slovaquie

A l’Est de l’Union européenne, aux frontières de l’Ukraine, la Slovaquie, où l’on peut visiter la cathédrale gothique réputée « la plus à l’Est d’Europe » à Kosice, appartient bien à l’histoire et à la géographie de l’intégration européenne. Faisant partie de la Hongrie depuis le Xe siècle, elle a été réunie à la Bohême et à la Moravie pour former la Tchécoslovaquie en 1919, union maintenue après la Seconde Guerre mondiale. En 1989, les Slovaques rejettent le communisme lors de la Révolution de velours et, en 1993, ils se séparent à l’amiable de la République tchèque. Le caractère autoritaire du gouvernement de Vladimir Meciar empêche la Slovaquie d’adhérer immédiatement à l’Union européenne, mais elle finit par la rejoindre en 2004 et adopte l’euro en 2009.


 Slovénie

La Slovénie a longtemps été considérée comme le meilleur élève de la classe européenne des adhérents du « grand élargissement » de 2004 et a été la première d’entre eux à adopter l’euro en 2007. Cette ancienne possession des Habsbourg est devenue indépendante en 1918 au sein de l’État des Slovènes, des Croates et des Serbes, qui a pris en 1919 le nom de Yougoslavie, puis, après la chute du rideau de fer, a proclamé son indépendance en 1991, suite à un référendum. Elle connait des alternances politiques rapides. Son histoire récente a été marquée par de nombreux différends frontaliers, avec la Croatie et surtout avec l’Italie qui lui a cédé en 1947 des territoires grâce auxquels elle peut disposer d’un accès, certes restreint, à la mer.


 Suède

Modèle d’État-providence, la Suède est très attachée à la neutralité en politique étrangère, sans doute en raison de son histoire mouvementée. En effet, l’État suédois, organisé de façon centralisée aux XIIIe et XIVe siècles, est inclus ensuite dans l’Union de Kalmar jusqu’au XVIe siècle. En 1520, la Suède se révolte et quitte l’Union. Au XVIIe siècle, elle est la plus grande puissance du Nord de l’Europe, incluant la Finlande et de nombreux autres territoires qu’elle perd en 1721 à l’issue d’une longue « guerre du Nord ». Par la suite, une nouvelle union avec la Norvège créée en 1814 est dissoute pacifiquement en 1905. Elle entre dans l’Union européenne après la fin de la guerre froide, en 1995, mais n’adopte pas l’euro. Elle entretient une vision très intergouvernementale de l’Union européenne et défend l’élargissement comme moyen de propager État de droit et économie de marché.